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comparatif ménopause
Preuves · vérifiées le 9 octobre 2026

Compléments pour la ménopause : le tableau des preuves

22 actifs, 26 lignes, 43 sources. Pour chaque actif et chaque symptôme : ce que montrent les essais, à quelle dose, et ce qu'en disent les autorités de santé.

En bref

  • Aucun actif n'atteint le niveau A. 6 lignes sont au niveau B, 10 au niveau C, 5 au niveau D et 5 au niveau E.
  • Un niveau vaut pour un symptôme. Le safran est au niveau B pour l'humeur, au niveau C pour les bouffées de chaleur.
  • Un niveau vaut pour une dose. Une formule qui contient l'actif à une dose très inférieure à celle des essais n'en hérite pas.

L'échelle

  • Niveau A : Effet démontré
    Revues systématiques concordantes, de bonne qualité.
  • Niveau B : Signal positif à confirmer
    Méta-analyse positive à effet modeste ou de qualité faible, ou plusieurs essais randomisés concordants.
  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires
    Un seul essai, de petits effectifs, ou des synthèses qui se contredisent.
  • Niveau D : Essais sans effet face au placebo
    Des essais ou une évaluation officielle existent et ne montrent pas de différence avec le placebo.
  • Niveau E : Aucun essai pour ce symptôme
    Aucun essai randomisé trouvé chez des femmes en péri- ou post-ménopause.

Bouffées de chaleur

  • Niveau B : Signal positif à confirmer

    Génistéine

    Baisse constante de la fréquence des bouffées de chaleur dans 4 essais. Les recommandations françaises de 2021 retiennent ce bénéfice.

    Dose des essais : plus de 30 mg par jour.

    Phyto-œstrogène : déconseillé en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein.

    Revue Cochrane, 2013 · CNGOF et GEMVi, 2021

  • Niveau B : Signal positif à confirmer

    Isoflavones de soja

    Fréquence réduite de 20,6 % face au placebo dans une méta-analyse de 17 essais, et environ 0,8 bouffée de moins par jour dans une autre. Effet modeste : la revue Cochrane ne le juge pas concluant.

    Dose des essais : 54 mg par jour (médiane), de 6 semaines à 12 mois.

    Phyto-œstrogène : déconseillé en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein.

    Taku et al., 2012 · Franco et al., JAMA, 2016 · Revue Cochrane, 2013

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Actée à grappes

    Pas de différence avec le placebo dans la revue Cochrane (16 essais, 2 027 femmes). Effet faible dans une méta-analyse de 2023 (22 essais, 2 310 femmes).

    Dose des essais : 40 mg par jour (médiane).

    Des atteintes du foie ont été signalées. Pas plus de six mois sans avis médical, et pas après un cancer du sein sans avis médical.

    Revue Cochrane, 2012 · Méta-analyse, revue Menopause, 2023

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Extrait de pollen purifié

    Dans la méta-analyse de 2024 (5 études, 420 femmes), l'amélioration n'est plus significative quand on ne garde que les études contrôlées.

    Dose des essais : extrait PureCyTonin, pendant 3 mois.

    Demander conseil en cas d'allergie au pollen.

    Acquarulo et al., 2024

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Houblon

    Résultats inconstants : dans le principal essai (67 femmes), l'effet observé à 6 semaines ne se retrouve pas à 12 semaines.

    Dose des essais : extrait apportant 100 à 250 µg de 8-prénylnaringénine par jour.

    Phyto-œstrogène : déconseillé en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein.

    Heyerick et al., 2006 · Erkkola et al., 2010

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Safran

    Deux petits essais opposés : gêne réduite dans l'un (60 femmes, 6 semaines), aucune amélioration dans l'autre (86 femmes, 12 semaines).

    Dose des essais : 28 à 30 mg par jour.

    Kashani et al., 2018 · Lopresti et Smith, 2021

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Sauge officinale

    Un essai positif face au placebo chez 80 femmes, mais la méta-analyse de 4 essais (310 femmes) ne trouve pas de différence significative.

    Dose des essais : très variable selon l'extrait, à partir de 300 mg par jour.

    Moradi et al., 2023 · Dimpfel et al., 2021

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Trèfle rouge

    1,7 bouffée de moins par jour dans une méta-analyse de 2021, avec des résultats très dispersés. Pas de différence significative dans la revue Cochrane.

    Dose des essais : 37 à 160 mg d'isoflavones par jour.

    Phyto-œstrogène : déconseillé en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein.

    Kanadys et al., 2021 · Revue Cochrane, 2013

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Vitamine E

    Résultats inconstants et études de qualité faible à modérée, selon une revue de 16 études.

    Dose des essais : 400 à 800 UI par jour.

    Feduniw et al., 2023

  • Niveau D : Essais sans effet face au placebo

    Bêta-alanine

    Efficacité qui ne se distingue pas de celle d'un placebo, selon la Haute Autorité de santé. Jugée inefficace par les recommandations françaises de 2021.

    Dose des essais : médicament à 400 mg par comprimé.

    Haute Autorité de santé, 2011 · CNGOF et GEMVi, 2021

  • Niveau D : Essais sans effet face au placebo

    Huile d'onagre

    Pas de différence avec le placebo sur la fréquence ni sur l'intensité des bouffées de chaleur (5 essais, 402 femmes).

    Dose des essais : variable selon les essais.

    Christelle et al., 2020

  • Niveau D : Essais sans effet face au placebo

    Magnésium

    Pas de différence avec le placebo dans un essai de 289 femmes ménopausées suivies après un cancer du sein.

    Dose des essais : 800 à 1 200 mg d'oxyde de magnésium par jour.

    Park et al., 2015

  • Niveau D : Essais sans effet face au placebo

    Oméga-3

    2,5 bouffées de moins par jour, contre 2,7 sous placebo : pas de différence (355 femmes).

    Dose des essais : 1,8 g par jour pendant 12 semaines.

    Cohen et al., 2014

  • Niveau E : Aucun essai pour ce symptôme

    Créatine

    Le seul essai mené chez des femmes ménopausées (36 femmes) ne rapporte aucun résultat sur les bouffées de chaleur ni sur le sommeil.

    Dose des essais : 750 à 1 500 mg par jour pendant 8 semaines, sans mesure des bouffées de chaleur.

    Korovljev et al., 2025

  • Niveau E : Aucun essai pour ce symptôme

    Huile de bourrache

    Aucun essai randomisé trouvé chez des femmes ménopausées.

    Recherche sans résultat

Humeur

  • Niveau B : Signal positif à confirmer

    Safran

    Symptômes psychologiques réduits face au placebo dans deux essais (86 et 60 femmes).

    Dose des essais : 28 à 30 mg par jour, pendant 6 à 12 semaines.

    Lopresti et Smith, 2021 · Kashani et al., 2018

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Oméga-3

    Preuves jugées non concluantes par une revue de 9 essais. Pas de différence avec le placebo dans le plus grand.

    Dose des essais : variable selon les essais.

    Iqbal et al., 2023 · Cohen et al., 2014

  • Niveau E : Aucun essai pour ce symptôme

    L-tryptophane

    Aucun essai randomisé du tryptophane seul trouvé chez des femmes ménopausées.

    Recherche sans résultat

Sommeil

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Mélisse

    Deux petits essais, où la mélisse est associée à une autre plante : son effet propre n'est pas isolé.

    Dose des essais : toujours associée à une autre plante.

    Shirazi et al., 2021

  • Niveau E : Aucun essai pour ce symptôme

    Safran

    Un essai positif chez des adultes qui dorment mal (28 mg par jour, 28 jours), aucun chez des femmes ménopausées.

    Dose des essais : 28 mg par jour pendant 28 jours, chez des adultes et non chez des femmes ménopausées.

    Lopresti et al., 2020

Symptômes dans leur ensemble

  • Niveau B : Signal positif à confirmer

    Ashwagandha

    Score de symptômes réduit face au placebo dans deux essais (100 et 60 femmes), avec un extrait fourni par son fabricant.

    Dose des essais : 600 mg d'extrait de racine par jour, pendant 8 semaines.

    Déconseillé en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, pendant la grossesse et avec des sédatifs.

    Gopal et al., 2021 · Vani et al., 2025

  • Niveau B : Signal positif à confirmer

    Fenugrec

    Scores de symptômes réduits face au placebo dans les essais publiés (88 et 115 femmes), tous financés par les fabricants des extraits.

    Dose des essais : 500 à 1 000 mg d'extrait par jour (600 mg pour l'extrait Libifem).

    Steels et al., 2017 · Shamshad Begum et al., 2016

  • Niveau C : Données insuffisantes ou contradictoires

    Maca

    Quatre petits essais favorables, que les auteurs de la revue jugent trop faibles pour conclure.

    Dose des essais : variable selon les essais.

    Lee et al., 2011

  • Niveau D : Essais sans effet face au placebo

    Vitamine D

    Autant de symptômes sous supplément que sous placebo chez 34 157 femmes suivies 5,7 ans en moyenne.

    Dose des essais : 400 UI par jour, avec 1 000 mg de calcium.

    LeBlanc et al., 2015

  • Niveau E : Aucun essai pour ce symptôme

    Vitamine B6

    Aucun essai randomisé de la vitamine B6 seule trouvé chez des femmes ménopausées.

    Recherche sans résultat

Force musculaire

La force musculaire n'est pas un symptôme de la ménopause. La ligne figure ici parce que la créatine est souvent présentée comme un complément « ménopause ».

  • Niveau B : Signal positif à confirmer

    Créatine

    Force augmentée chez des femmes ménopausées ou âgées qui s'entraînent. Aucun effet sur la masse musculaire.

    Dose des essais : avec un entraînement en résistance d'au moins 24 semaines.

    dos Santos et al., 2021

Ce que disent les sociétés savantes

En France, 2021

Les recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français retiennent qu'un phyto-œstrogène, la génistéine, peut réduire la fréquence des bouffées de chaleur. Elles jugent inefficaces l'actée à grappes, le trèfle rouge, la bêta-alanine, la vitamine E, les oméga-3 et l'huile d'onagre.

Aux États-Unis, 2023

La Menopause Society ne recommande ni les compléments, ni les plantes, ni le soja contre les bouffées de chaleur. Parmi les approches sans hormones, elle recommande la thérapie cognitivo-comportementale, l'hypnose clinique et certains médicaments sur ordonnance.

Les deux textes ne disent pas la même chose de la génistéine. Nous avons retenu le niveau B, « signal positif à confirmer », et nous le signalons ici plutôt que de trancher à leur place.

Ces compléments sont-ils sûrs ?

Isoflavones de soja et de trèfle rouge

En 2015, l'Autorité européenne de sécurité des aliments n'a pas relevé d'effet indésirable sur le sein, l'utérus ou la thyroïde chez les femmes ménopausées, aux doses de 35 à 150 mg par jour. Sa conclusion ne couvre pas les femmes qui ont ou ont eu un cancer dépendant des œstrogènes. En France, ces compléments sont déconseillés en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer du sein.

Sources : EFSA, 2015 · Afssa, 2005 · CNGOF et GEMVi, 2021

Actée à grappes

L'Agence européenne des médicaments signale des atteintes du foie : arrêt et consultation en cas de signe d'alerte, pas plus de six mois sans avis médical, pas d'usage sans avis médical après un cancer du sein. En 2007, l'agence sanitaire française recommandait d'éviter cette plante en complément alimentaire.

Sources : Agence européenne des médicaments, 2018 · Afssa, 2007

Ashwagandha

L'agence sanitaire française déconseille cette plante en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, pendant la grossesse, et aux personnes qui prennent des sédatifs.

Sources : ANSES, 2024 · ANSES, rapport de nutrivigilance, 2024

Ce que les étiquettes ont le droit de dire

Pour le soja, l'Autorité européenne a jugé les preuves insuffisantes pour établir un effet sur les bouffées de chaleur. Parmi les vitamines et les minéraux, la seule allégation autorisée qui touche à l'usage est celle de la vitamine B6, qui « contribue à réguler l'activité hormonale ». Les allégations sur les plantes sont, pour la plupart, encore en attente d'évaluation.

Sources : EFSA, 2012 · Règlement (UE) n° 432/2012, 2012

Contrôle et signalement

Un complément alimentaire n'a pas d'autorisation de mise sur le marché : il est déclaré à l'administration avant sa vente. Un effet indésirable se signale au dispositif de nutrivigilance de l'agence sanitaire, par un professionnel de santé ou par vous-même.

Sources : Ministère de l'Agriculture, 2024 · ANSES, 2025

Comment ce tableau est construit

Pour chaque actif, nous cherchons d'abord une revue Cochrane, puis une autre revue systématique ou une méta-analyse d'essais randomisés, puis les essais randomisés contre placebo menés chez des femmes en péri- ou post-ménopause. Les chiffres cités sont ceux des résumés publiés.

Quand deux synthèses se contredisent, la ligne reçoit le niveau C et cite les deux. Quand tous les essais d'un actif sont financés par son fabricant, la ligne le dit. « Aucun essai trouvé » décrit le résultat de notre recherche, pas une certitude.

Les notes des formules se calculent à partir de ce tableau : Comment nous classons. Le classement est sur la page Meilleur complément alimentaire pour la ménopause.

Sources

43 sources, toutes consultées le 9 octobre 2026. Dans l'ordre où nous leur donnons du poids : autorités de santé, sociétés savantes, synthèses d'essais, essais isolés.

Autorités de santé

Sociétés savantes

Revues systématiques et méta-analyses

Essais randomisés